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chip
le 17/12/2006 à
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France
---Varennes--
Précis historique du voyage entrepris par Sa Majesté Louis XVI, le 21 juin 1791; de l'arrestation de la famille royale à Varennes, et de son retour à Paris. Le comte François-Florent de Valori,témoin et acteur, jusque dans les moindres détails, de l'épisode mémorable du voyage du Roi, a constamment souffert de l'infidélité avec laquelle tous les écrivains du temps l'ont raconté au public.Les uns,par ignorance et précipitation,ont altéré les faits ;les autres,par une perfidie calculée d'après des meneurs de la révolution,les ont dénaturés,ils les ont même salis par des mensonges impurs,qui sont pourtant demeurés comme des faits constants dans le souvenir d'un grand nombre de Français.
Avant la restauration,qu'était-il besoin besoin de mettre la vérité en évidence ? Le comte de Valori,dont la faible mémoire en était en France l'unique dépositaire,puisque M.de Moutier et de M.le chevalier de Malden n'y étaient point rentrés,aurait-il pu trouver un seul imprimeur qui se fût exposé à prêter une presse à ses récits ? Tout était danger pour les moindres coopérateurs des oeuvres entachées de royalisme.Une obscure et farouche surveillance,exercée en chaque lieu,glacait jusqu'à la pensée,enchainait des liens de la terreur toutes les plumes religieusement véridiques,et les coeurs chauds et sensibles des vrais amis du trône et des Bourbons étaient réduits à conserver en silence le feu sacré que devait enfin appeler à une libre et heureuse explosion la présence de Louis-le-Désiré. Aujourd'hui ce bonheur est accompli.Le comte de Valori peut mettre sous les yeux de la France un récit simple,que réclament les sincères amis de la vérité ;et il le leur eût offert quelques mois plus tôt,si ses devoirs militaires n'eussent exigé,depuis la restauration,le sacrifice de toutes ses heures (1). Mais il ne se dissimule pas qu'un soldat tel que lui,plus savant à chérir les princes qu'habille à écrire des pages pour l'histoire,ne présentera que bien imparfaitement à celle-ci ce qui lui appartient de droit dans l'épisode aussi important que douloureux dont il s'agit .Il supplie donc ses lecteurs de n'envisager que les faits,et de lui savoir quelque gré,à raison de ce qu'il en coûte à son coeur d'endurer le renouvellement de tant de sensations,qui ne l'abordent jamais sans le déchirer encore.
Le projet du départ de Paris de l'infortuné Louis XVI,fut confié par S.M même à M.le comte d'Agoult,qui jusqu'au licenciement des gardes-du-corps,opéré après les atroces journées des 5 et 6 octobre 1789, avait été aide-major de cour.Il possédait et avait mérité l'estime particulière de son souverain,et ce fut à lui que S.M. s'en rapporta pour le choix de trois coopérateurs,indispensables au voyage qu'on allait entreprendre.En conséquence,M le comte d'Agoult fit l'honneur à MM.de Valori,de Moutier,et de Malden,gardes-du-corps licenciés depuis le 5 octobre 1789,de présumer assez bien d'eux pour les croire dignes de reçevoir la proposition de se dévouer à risquer les périls que pourraient entraîner à leur égard l'évasion et le voyage du Roi avec son auguste famille. Ces trois messieurs protestèrent au même instant de leur fidélité au meilleur des Maîtres,de leur zèle à tout risquer,s'il le fallait, pour le lui prouver,et ils se sentirent heureux d'avoir une occasion nouvelle de lui offrir peut-être le sacrifice de leur vie.