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Charlie Hebdo, le journal, dirigé par Philippe Val, est poursuivi mercredi et jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Grande mosquée de Paris (GMP) pour avoir publié des caricatures controversées de Mahomet en février 2006. Trois caricatures sont visées. La première, de Cabu, représente le prophète déclarant: c'est dur d'être aimé par des cons. Les deux autres dessins, déjà publiés dans le journal danois Jyllands-Posten, représentent Mahomet portant un turban en forme de bombe et le prophète refoulant des kamikazes au paradis avec la légende : Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges. Pour la GMP et l'UOIF, ces deux caricatures font une assimilation répréhensible entre islam et terrorisme. Les avocats de l'hebdomadaire entendent plaider la liberté d'expression et le droit à la satire. POUR : Samia Messaoudi, journaliste sur Beur FM, et signataire de la pétition de Charlie Hebdo : ces caricatures s'attaquent aux islamistes Je suis journaliste d'information donc fondamentalement libertaire de ce point de vue là. Tout est à dire, rien n'est à cacher. L'information qui nous est donnée là, avec la spécificité qu'on connaît de Charlie Hebdo, vise à provoquer et à dénoncer. Nous sommes dans une période de violences telle qu'il est important de dénoncer cette poussée des extrémismes, cette menace que représentent les islamistes. Ces caricatures visent à interpeller les gens sur cette situation, en Algérie notamment. Et je suis bien placée pour le savoir. Charlie Hebdo interpelle sur cette dérive de l'islam comme sur celle des autres religions. L'islamisme me fait peur. Le dessin de Cabu vise les intégristes pas les autres musulmans, c'est clair. Charlie Hebdo ne fait que dénoncer une situation qu'on constate, dans certaines cités françaises notamment où les intégristes embrigadent les esprits des jeunes. Ces caricatures ont foutu le bordel mais elles ont le mérite de faire réfléchir. Et ça, ça en dérange certains. Ce ne sont pas les caricatures qui véhiculent des discours simplistes ou renforcent les extrémismes, ce sont les intégristes qui installent ça dans la rue avec des leurs discours populistes. CONTRE : Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF : Charlie Hebdo traite tous les musulmans de cons Avec la Grande mosquée, nous avons pris ces caricatures comme une agression à notre religion, une injure à notre prophète. Notamment et surtout celle qui le représente avec une bombe sur la tête. Il y a aussi la Une de Charlie Hebdo. Quel message adressez-vous aux gens avec ça? Notre prophète n'est pas aimé que par des intégristes, il est aussi et surtout aimé par tous les musulmans. Là Charlie Hebdo traite tous les musulmans de cons. C'est très grave et très dangereux. Dans un climat où l'on dénigre continuellement la religion musulmane, ces caricatures viennent mettre de l'huile sur le feu, elles véhiculent des discours simplistes et renforcent les extrémismes. On peut critiquer les religions, sans s'en moquer, mais on ne touche pas aux symboles d'une religion tels que les prophètes, qu'ils s'appellent Mohamed, Jésus ou Moïse; qui sont aussi nos prophètes. Et on aurait réagi de la même façon pour d'autres religions. Les musulmans ne représentent pas le prophète par respect, c'est un tel modèle qu'aucune main ne peut le représenter assez bien. Avec ce procès, nous ne nous attaquons pas à la liberté d'expression mais à la dérive de Charlie Hebdo. Ces caricatures sont sorties du cadre de la responsabilité citoyenne. Il n'est plus question ici de déontologie mais de commerce. Là l'hebdomadaire idéologise ce procès et le politise, c'est malhonnête. La limite de la liberté d'expression, c'est la loi de la République. Elle est nécessaire mais elle s'accompagne d'un sens des responsabilités. Nous n'avons pas organisé des manifestations en représailles mais nous avons tout simplement adopté une démarche citoyenne qui consiste à saisir la justice. Je suis confiant parce que c'est le bon sens qui l'emportera.
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