Le don d'organes est permis. Que ce soit en rondelles, en tranches ou en bouilli, le corps humain finit en putréfacton dans la terre (ou dans l'eau). On a observé dans un autre domaine qu'une personne revenant d'une expérience NDA n'est pas contente d'être réanimée car elle jouissait de la totalité de son corps, même si elle était amputée. C'est pour vous "dire" que le corps aurique ou pour vous, invisible, demeure dans son intégralité. Enfin, la médecine de l'aura verra le jour, je l'espère, officiellement. Ce qui pousse au don d'organe, c'est avant tout une extrème générosité. Les médecins et professeurs musulmans retiennent l'action salvatrice de ces deux actes.
Coran 5 :32 "...Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes...". Il y a pénurie d'organes. Donc, donner ! C'est permis. La greffe et le don sont encadrés dans le droit islamique. Lisez ! (Académie du droit musulman à la Mecque).Il est normal de parler de la greffe car l'organe ne finit pas au supermarché mais bien dans les mains des chirurgiens.
-I- La greffe concerne n'importe quel organe. Elle doit avoir un caractère obligatoire : pour sauver la vie, pour permettre la régulation d'une fonction essentielle.
On distingue trois types de greffe : -la greffe dont le donneur d'organe est vivant ;1) la greffe dont le donneur d'organe est mort ; la greffe provenant d' embryons ou foetus.
II-La greffe :1) on distingue2 cas possibles :
a-l'autogreffe : le prélèvement et la greffe de l'organe se fait sur la même personne. Ex : greffe de peau, de cartilage, de veine, d'os, de moelle... ;
b-l'allogreffe : le prélèvement d'organes se fait dans un corps humain vivant (donneur) et la greffe dans un autre corps humain (receveur). Deux types d'organes existent : -a-les organes vitaux -b- les organes qui ne le sont pas.
a-l'organe vital peut être forme d'un seul bloc (coeur, foie) ou de plusieurs parties (reins). Certains ont un rôle fondamental dans le corps humain; d'autres ont un rôle secondaire. Il en est qui se régénèrent naturellement comme le sang et d'autres non. Il en est qui ont une influence sur les gènes ou d'une façon générale sur la personnalité comme les testicules et les ovaires.
2)Quand le donneur est mort : cette greffe appelle à formuler une définition de la mort. On distingue 2 types : -La mort cérébrale : elle est déclarée lorsque le cerveau ou le tronc cérébral s'arrête de fonctionner de façon irréversible.
-La mort clinique : elle est déclarée lorsque le rythme respiratoire et le rythme cardiaque cessent de fonctionner de façon irréversible. (Ces 2 types ont été pris en compte par le Conseil musulman).
3- prélèvement d'organes sur embryons ou foetus : 1ère catégorie : embryons provenant d'avortements spontanés (fausse couche). 2ème catégorie : embryons issus d'un avortement provoqué médicalement lorsque la vie de la mère est en danger.
3ème catégorie : embryons issus d'une FIV (fécondation in vitro) et plus généralement d'une PMA (procréation médicalement assistée).
III- Décisions du Conseil :
1er point : il est permis de prélever un organe du corps humain et de greffer dans une autre région du même corps (peau, os..)à condition d'avoir la certitude qu'une telle opération comporte plus d'avantages que d'inconvénients. Il est également permis d'entreprendre une auto-greffe dans le but de remplacer un organe perdu dans le but de le remodeler, de lui restaurer sa fonction, d'en corriger un défaut, ou d'en supprimer une malformation qui était à l'origine d'angoisses (stress émotionnel) ou de souffrances physiques.
2ème point : il est permis de prélerver un organe du corps d'une personne et de le greffer dans le corps d'une autre personne, si la partie prélevée se renouvelle et se régénère naturellement comme la moelle osseuse ou la peu. Toutefois, il faut s'assurer que le donneur dispose de toutes ses capacités mentales. Vérifier la conformité de l'opération eu égard à l'éthique musulmane.
3ème point : il est permis d'utiliser une partie d'organes amputés du corps du patient pour cause médicale pour un autre patient comme la greffe de la cornée.
4ème point : il est -interdit - de transférer un organe vital comme le coeur d'une personne vivante au profit d'une autre personne .....(cela peut se comprendre, n'est-ce pas ?).
5ème point : il est - interdit - de prélever un organe d'une personne vivante si ce prélèvement peut perturber une fonction essentielle pour sa survie, même si cet organe n'en dépend pas, comme le prélèvement des rétines. Si le prélèvement n'entraîne que paralysie partielle d'une fonction essentielle...la question fait encore l'objet de recherches et d'examens comme indiqué au 8e p.
6ème point : il est permis de prélever un organe d'un mort pour le greffer dans le corps d'une personne vivante si sa survie dépend de cette opération ou quand celle-ci est nécessaire pour assurer une fonctionn essentielle de l'organisme. Pour cette opération, il faut avoir le consentement du défunt, de ses héritiers légitimes ou l'accord de l'autorité musulmane, si le défun est un inconnu et (ou) sans héritier. (voir à ce propos la règlementation française).
7ème point : les permissions données aux prélèvements et à la greffe d'organes dans les cas susmentionnés sont valables dans le seul cas où elles sont pratiquées sans but commercial et lucratif ....(Les musulmans insistent là-dessus)....
(suite)Il est strictement interdit de faire le commerce d'organes d'origine humaine (voir code civil).
8ème point : tout ce qui relève de la greffe d'organes et qui ne s'inscrit pas dans ces cas susmentionnés doit faire l'objet d'études. Il faut le proposer à la prochaine session, à la lumière des donnés de la médecine et des positions de la législation musulmane.
---
Par ailleurs, je dois vous préciser qu'en France, toute personne est considérée par la loi comme donneuse. Il faut donc adresser à l'Agence de la Biomédecine son refus qui consiste à s'inscrire au registre des refus.
Donc si vous êtes candidat au don, n'hésitez pas et lisez la question dans la liste intitulée "Porc où es-tu, où te caches-tu" dans laquelle j'évoque les xénogreffes qui intéressent particulièrment parce que le porc est physiologiquement proche de l'homme. Désacraliser l'humain n'a pas l'air de gêner puisqu'il s'agit de sauver des vies dit-on. A lire.
|