C’était un homme qui absorbait de la nourriture
et qui circulait dans les marchés - nous ne le nions pas. En cela, il ne
différait guère de ses frères Prophètes ni des humains en général... Donc il
n'est ni ange ni lumière c'est un homme comme nous tous, mais...
Mais cet homme s’est élevé dans les degrés de la
perfection jusqu’à atteindre le firmament de la pureté du cœur et de l’esprit,
de la noblesse de caractère et de la grandeur de l’œuvre, firmament auquel nul
n’a pu prétendre parmi les anciens et les contemporains.
Il a marché sur la surface de la terre, tel un
ange noble dans l’habit d’un homme, à l’âme débordante de foi, de générosité,
d’amour de la vérité, de lutte incessante pour la faire prévaloir, de compassion
pour les vivants, d’effort permanent pour rectifier le sens de leur existence,
d’audace contre l’erreur, d’indépendance dans la destruction de celle-ci.
Tel est Muhammad.
Toutes les héroïcités auxquelles aspire
l’humanité se sont réunies dans la vie de cet adorateur dévoué, de ce preux
chevalier, de ce juge équilibré, de ce chef impartial, de ce commerçant honnête,
de cet époux délicat, de cet ami fidèle, magnanime lorsqu’il contrôle, indulgent
lorsqu’il vainc, révéré lorsqu’il s’approche, grandiose dans tous ses aspects,
aussi bien publics que privés.
Muhammad a foulé la poussière de ses
pieds ; il a affronté les difficultés du chemin et la rudesse de la vie ; il a
côtoyé ceux qu’il aime et ceux qu’il déteste ; il a ressenti les peines de la
faim et des veillées, les peines de la démunition et de l’inquiétude, les peines
de l’exil et de la solitude.
Dans sa constance contre les pires circonstances
que peut traverser l’humanité, cet homme immense est resté équilibré dans ses
pas, affûté dans son esprit, posant les idéaux humains, mélangés à la sueur du
front et à la poussière des pieds. Sa vie, dans son sommeil et dans sa veille,
dans sa nourriture et dans sa boisson, avec les petits et avec les grands, avec
l’ami et avec l’ennemi, en pleine santé et dans sa maladie, en temps de paix et
en temps de guerre, bref en toute circonstance, cette vie a été suivie par des
milliers de regards ; ses caractéristiques ont été décrites par des milliers de
langues. Force est de constater qu’elle ne comporte que ce qui plaît, qui porte
à l’admiration, et qui trace pour les humains la voie du bien et de la guidance.