D'origine libanaise, Farid El Attrache est le plus plus populaire et le plus grand chanteur égyptien du 20 ème siècle. Son talent a fait de lui une référence quasi absolue dans la chanson orientale arabe. Célèbres depuis le milieu du siècle, ses mélodies sont connues et fredonnées par le vendeur d'oranges de Bagdad et le barbier du Caire, le repasseur de fèz de Damas et le cireur de chaussures d'Alger, le marchand d'huile de Tunis et le porteur d'eau de Marrakech; toujours avec le même et indéfectible attachement du petit peuple à une idole devenue mythe de son vivant. Son style quoique larmoyant est basée sur des compositions étonnantes de rigueur dans leur construction. Ses oeuvres ne sont pas sans rappeler les compostions polyphoniques lègères du 18 ème siècle occidental : andante, adaggio, allegro...La pièce qui illustre le mieux ce propos est certainement "Boussat errih" dans laquelle aux rythmes langoureux succèdent des passages aux tempi rapides et presque heurtés décrivant dans une explosion de couleurs mélodiques la richesse et la variété de l'expression artistique arabe du Golfe persique à l'Océan atlantiques. Farid El Attrache n'a pas échappé à la règle qui veut que tout héros égyptien doit faire du cinéma. Et quel cinéma ! Il a tourné dans une vingtaine de films-tous des comédies musicales- qui ont reçu comme il se doit un accueil populaire énorme non seulement dans les pays arabophones mais aussi en Turquie et en Iran, en Israël et en Afrique sub-saharienne. Des oeuvres mineures toutes construites autour des chansons de Farid El Attrache, l'intrigue lui servant sur un plateau les sujets- tous amoureux- de ses morceaux. La production cinématographique égyptienne prolifique de l'époque a découvert, dans le sillage de Farid El Attrache, acteur malgré
lui, ses perles des années cinquante telles que Abdesslam Naboulsi et Ismail Yassine.