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Abdelhalim Hafez
Abdelhalim Chabna, plus connu sous le nom de Abdelhalim Hafez, est né en 1929 dans le village des Halwat, aux environs du Caire. Très tôt son destin s'avère difficile. A sa naissance, sa mère succombe à une série d'hémorragies et c'est sa belle mère qui l'accueille et l'entoure de toute son affection. Mais son père décéde à son tour. L'enfant part alors vivre chez son oncle, petit fonctionnaire d'état. Abdelhalim aurait, dit-on, « tété de plusieurs femmes du village », ce qui lui confère le statut d'enfant et de frère du village.
C'est à l'école primaire, que le jeune garçon attire l'attention de son professeur de musique, Mahmoud Hanafi. Ce dernier voit en lui une graine d'artiste, et l'encourage à continuer dans ce sens.
En 1940, Abdelhalim, alors âgé de onze ans, quitte le village en compagnie de son frère. Il prend la direction de l'Ecole Nationale de Musique du Caire. Six ans plus tard, en 1946, il obtient son diplôme de fin d'études et fait la connaissance de Kamal Ettaouil. Leur rencontre donnera lieu à un des duos "chanteur/compositeur" des plus talentueux de la musique arabe.
Fraîchement diplômé, Abdelhalim est nommé professeur de musique mais l'enseignement ne s'avère pas son truc. Il accumule les absences et s'adonne de plus en plus au chant. Et puis ce qui devait arriver, arriva. Il est licencié par le ministère de l'Education en 1951.
Sa carrière d'artiste prend alors son envole vers 1952. Grâce à son ami et compositeur Kamal Ettaouil, alors responsable de la programmation radiophonique Egyptienne, il rejoint les Services de la Radiodiffusion. C'est à cette époque qu'il rencontre le grand Mohammed Abdelwahab.
Convaincu du talent d'Abdelhalim Hafez, les deux hommes entament une collaboration musicale qui ne cessera jamais. En revanche, les prestations vocales d'Abdelhalim Hafez ne lui confèrent pas l'aval de la commission d'évaluation des talents de la radio. Déterminé à se faire entendre, il décide de se produire sur scène, dans des circuits indépendants. Sollicité lors d'un concert pour remplacer une chanteuse absente, Abdelhalim Hafez interprète un titre composé par Kamal Ettaouil.
C'est la révélation ! Personne n'avait jusqu'alors compris que sa voix s'adaptait mieux aux compositions initialement prévues pour des interprètes féminines. « Le rossignol brun » est né ! Mais là encore, l'artiste doit se battre pour imposer sa voix, et rentrer dans le cercle fermé des chanteurs égyptiens, dominé par des ténors comme Abdelouaheb, Oum Keltoum, Farid Al Atrach et bien d'autres.
Le dernier grand hommage rendu au "rossignol" fut celui de Mohamed Abdelouaheb. La chanson "Min ghir lih" spécialement composé pour le chanteur égyptien, et qu'il ne cessera d'ailleurs de fredonner sur son lit de mort, sera finalement interprétée par Abdelouaheb en personne, à l'âge de 90 ans ! Asthmatique, ce qui étonne aujourd'hui dans le parcours de ce chanteur hors pair, était sa capacité à tenir sur scène des heures durant. Juste une histoire de passion.
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